80 ans du régiment Normandie-Niémen : pour que vive la France libre !

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Ivanovo (Russie) : plaque à la mémoire de Maurice de Seynes, pilote du Normandie-Niémen.

À LONDRES, au milieu de l’année 1942, le général de Gaulle, en accord avec le gouvernement soviétique, confie au général de brigade aérienne Martial Valin le soin de constituer un régiment de chasse pour aller combattre l’Allemagne nazie sur le front de l’Est. Sans doute était-ce une unité aux effectifs bien minces qui allait ainsi participer aux gigantesques combats se déroulant sur ce théâtre d’opérations, mais ce geste avait une importance diplomatique sans égale. Il symbolisait la volonté de la France libre d’être représentée sur tous les fronts, de manière à être considérée comme participant à la lutte contre l’Axe par tous les Alliés, U.R.S.S. comprise.

Ce régiment, formé uniquement de volontaires, prit le nom de « Normandie » et fut composé de trois escadrilles : « Rouen », « Le Havre » et « Cherbourg ». Il comptait quinze pilotes et quarante-cinq mécaniciens. Parti du Liban, le régiment rejoignit l’U.R.S.S. le 28 novembre 1942 et fit son premier vol officiel d’entraînement le 2 décembre 1942, il y a tout juste quatre-vingts ans.

Le régiment Normandie est engagé au combat le 22 mars 1943 et obtient ses premières victoires aériennes peu après, le 5 avril 1943. Le 13 avril, il subit ses premières pertes. Engagé dans le secteur sud de la bataille de Koursk près d’Orel, Normandie est durement éprouvé. Son commandant Jean Tulasne ainsi que l’as de l’aviation française Albert Littolff sont abattus le 17 juillet 1943.

Après les six premiers mois de combat en 1943, 85 % des pionniers de Normandie étaient morts ou disparus mais ils avaient conquis pour toujours l’amitié du peuple russe car la presse soviétique avait abondamment relayé leurs exploits et leur sacrifice.

Les tombes des aviateurs de Normandie-Niémen n’ont jamais cessé d’être fleuries en Russie.

À la mort du commandant Tulasne, c’est le commandant Pouyade puis, en décembre 1944, le commandant Delfino qui prendront en main le destin des « ailes françaises » sur le front de l’Est car le régiment est rafraîchi régulièrement par l’arrivée de renforts français.

Joseph Staline accole officiellement le nom de « Niémen » au régiment Normandie en raison de ses glorieux combats lors de l’offensive soviétique ayant franchi ce fleuve. Les aviateurs du régiment Normandie-Niémen furent les premiers militaires français à entrer sur le territoire du IIIe Reich. Ils accueillirent le général de Gaulle à Moscou lors de son voyage officiel le 3 décembre 1944 et permirent ainsi à ce dernier de louer devant le chef d’État soviétique l’amitié entre les peuples français et russe.

Les tombes des aviateurs de Normandie-Niémen n’ont jamais cessé d’être fleuries en Russie, et le souvenir de cette fraternité d’armes reste vivant en Russie malgré les tensions géopolitiques actuelles.

Un fait d’armes a particulièrement marqué la mémoire des Russes. Le 15 juillet 1944, le lieutenant Maurice de Seynes, dont l’avion était endommagé, a refusé de sauter en parachute malgré les ordres donnés par radio par les Soviétiques parce que son mécanicien russe, Vladimir Bielozoub, n’avait pas de parachute et il a tenté vainement d’atterrir pour ne pas l’abandonner.

Chaque écolier russe connaît cette histoire.

Combien de Français en ont entendu parler ?

Philippe CONTE
Responsable Culture et Patrimoine pour Génération Frexit