Accords sur la pêche post-Brexit : première déconvenue pour la France et l’UE

Ce jeudi 6 mai, le gouvernement britannique annonce le déploiement de deux patrouilleurs près des îles Anglo-Normandes afin d’empêcher un blocus de l’île de Jersey. La veille, notre gouvernement annonçait être prêt à stopper l’approvisionnement en électricité de l’île. Mais que se passe-t-il au juste avec nos pêcheurs ? Explications.
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Un chalutier, seul sur la mer

L’ACCORD entre l’UE et UK relatif à l’accès aux zones de pêches prévoyait en principe le maintien de l’accès à la zone de pêche britannique pour les navires européens jusqu’au 31 décembre 2026 au minimum. La ministre de la Mer, Annick Girardin, a annoncé que 100 millions d’euros allaient être débloqués au profit des pêcheurs, pour accompagner la filière de pêche impactée par l’accord.

Cette aide annoncée reste toutefois floue sur ses modalités d’obtention. Conditionnée à l’élaboration d’un dossier prouvant que les pêcheurs ont subi des pertes par rapport à 2020, cette aide maintiendra sous perfusion des entreprises de pêche, pour éviter qu’elles sombrent.

L’accord destiné à sauvegarder nos intérêts pénalise donc notre pêche ! Voilà que l’on maintient sous perfusion nos activités pour qu’elles restent rentables.

Les accords négociés par l’UE ne protègent donc pas nos pêcheurs, ils les entraînent à la faillite ! La France doit intervenir pour empêcher une nouvelle catastrophe sociale.  L’UE, à qui nous avons confié le destin de nos pêcheurs, puisqu’elle conduisait seule les négociations, reste muette devant la montée des tensions dans la Manche. L’Union se donne le bon rôle tout en laissant les États essuyer les plâtres.

Grâce au Brexit, les Britanniques sont parvenus à reprendre le contrôle sur leurs eaux.

L’accord commercial du 24 décembre 2020 devait être le succès de l’intégration européenne. Ce succès, celui de la pêche, devait montrer que cette intégration permettait de faire le poids. Trois mois plus tard, la situation est piteuse. L’événement déclencheur, le voici : les pêcheurs français ne parviennent pas à obtenir les autorisations prévues pour accéder aux eaux britanniques. Profitant du Brexit, les Britanniques sont parvenus à reprendre le contrôle sur leurs eaux, ce que les autorités françaises ne peuvent pas faire dans le carcan de l’UE.

L’accord prévoit pourtant que les pêcheurs français qui ont pêché dans cette zone pendant 4 années entre 2012 et 2016 puissent continuer à accéder à y travailler jusqu’en 2026.

Les Britanniques interprètent strictement l’accord, en profitant d’une faille que la Commission a été incapable de voir. Ceci manifeste la faiblesse de l’UE qui, n’étant pas un État, est incapable de faire le poids à l’échelle internationale. Ainsi, depuis le début de l’année, certains de nos pêcheurs, qui dépendant des eaux britanniques, risquent de tomber dans une précarité extrême. Ce qui les menace, c’est le chômage et les difficultés d’approvisionnement en produits halieutiques. Déjà affectés par la concurrence des entreprises espagnoles et danoises, nos pêcheurs doivent continuer à payer leurs charges alors que leurs prises s’effondrent.

Clément Beaune a annoncé que l’UE prendrait — un jour — des mesures de rétorsion contre Londres. Voilà à quoi conduisent les négociations européennes : plus de tensions entre États et la pauvreté pour les pêcheurs français.

L’UE démontre une fois de plus qu’elle est incapable de nous protéger et de conclure des accords applicables. Un seul choix s’offre à nous : reprendre le contrôle de notre diplomatie et renégocier un accord qui permette à nos pêcheurs de vivre correctement de leur travail.

Aymeric TEDALDI
Killian SCHWAB
Commission Institutions et Médias